Le journal
De l’arbre généalogique au récit de famille
Transformez une branche de votre arbre en récit : classez documents, témoignages et inconnues, puis écrivez une première histoire avec ses références.
Dans cet article
Pour transformer un arbre généalogique en récit, choisissez une personne et un épisode, rassemblez vos sources, puis distinguez ce qui est documenté, rapporté et encore inconnu. Écrivez ensuite une première page lisible sans connaître tout l’arbre. Les dates lui donnent des repères ; les témoignages et les documents permettent de décrire ce qui s’est passé, avec leurs limites.
Vous n’avez pas besoin d’avoir terminé toutes les branches. Un déménagement, l’apprentissage d’un métier ou l’histoire d’une maison peut constituer un premier chapitre autonome.
Commencer par un épisode que vos sources permettent de raconter
Prenez une personne dont vous possédez plusieurs traces : acte, photo, lettre, adresse ou souvenir raconté par un proche. Formulez votre sujet en une phrase : « Comment cette famille s’est installée dans cette maison » ou « Ce que l’on sait de son apprentissage ».
Cette phrase fixe une limite utile. Vous n’êtes pas obligé d’expliquer toute une époque, ni de résumer chaque génération avant d’arriver au récit. Présentez les liens de parenté nécessaires au lecteur, puis entrez dans l’épisode choisi.
Conservez les originaux en parallèle du dossier de travail. Les National Archives proposent des repères de conservation adaptés aux documents familiaux. Une copie numérisée facilite le travail et le partage ; elle ne remplace pas le soin apporté au support original.
Distinguer trois niveaux d’information
| Niveau | Ce que vous avez | Formulation possible |
|---|---|---|
| Documenté | Un document identifiable qui porte l’information | « Le registre indique… », avec une référence précise. |
| Rapporté | Le souvenir d’une personne, direct ou transmis | « Selon le souvenir de… », en précisant qui raconte et quand. |
| Inconnu ou hypothétique | Une question ouverte, un rapprochement possible | « Nous ne savons pas… » ou « Cette piste reste à vérifier. » |
« Documenté » ne signifie pas que le document est infaillible : relevez ce qu’il établit exactement. Une adresse attestée ne prouve pas la date de l’arrivée dans la maison. Un métier inscrit dans un acte ne raconte pas à lui seul la journée de travail.
Si deux versions se contredisent, conservez la référence de chacune. Vous pourrez présenter la divergence sans déclarer un témoin peu fiable. Parfois, les deux sources décrivent des moments différents ; parfois, la question reste ouverte.
La fiche événement à copier
Ce modèle original permet de préparer un récit sans mélanger notes et certitudes.
| Champ | À renseigner |
|---|---|
| Identifiant | Un code stable, par exemple FAM-EVT-001. |
| Personne et lien familial | Nom, prénom et relation avec les lecteurs. |
| Épisode | Une phrase qui précise le sujet. |
| Période et lieu | Dates attestées ou intervalle estimé, avec son origine. |
| Éléments documentés | Information exacte, titre du document, date, cote ou emplacement, page si utile. |
| Témoignages | Personne qui raconte, date de l’échange, souvenir direct ou rapporté. |
| Inconnues et contradictions | Ce qu’il faut vérifier ou laisser ouvert. |
| Images et sons associés | Identifiants des fichiers et emplacement des originaux. |
| Partage envisagé | Lecteurs prévus et accords obtenus pour les témoignages et images. |
| Prochaine action | Une recherche ou une question précise, sans obligation de tout résoudre. |
Pour interroger un proche, partez d’un document : « Ce courrier porte cette adresse ; te souviens-tu de ce lieu ? » Demandez l’accord avant un enregistrement. Notez les noms propres et indiquez si l’information vient de ce que la personne a vécu ou de ce qu’on lui a raconté.
Une première page avec ses références
L’exemple suivant est entièrement fictif. Les personnes et les documents ont été inventés pour illustrer la méthode.
Une enveloppe datée de 1958, adressée à Jeanne et conservée dans l’album familial, porte l’adresse rue des Tilleuls [D1]. Sa fille Louise se souvient d’une pièce qui servait à la fois de cuisine et de salle commune, avec une table près de la fenêtre [T1]. Elle situe ce souvenir au début de sa scolarité. Nous ne connaissons pas encore la date exacte de l’installation dans la maison [I1].
D1 renvoie ici à l’enveloppe fictive et à sa date lisible. T1 renvoie au témoignage fictif de Louise, avec la date de l’entretien dans la fiche. I1 garde une question ouverte. Le texte ne déduit ni les sentiments de Jeanne ni les raisons du déménagement. Si un détail manque, il reste absent.
Vous pouvez ensuite ajouter un plan du quartier ou une photographie identifiée. Le guide pour retrouver les histoires des photos familiales aide à relier ces images au texte.
Assembler plusieurs récits sans perdre leurs sources
Donnez à chaque chapitre un titre concret et rappelez brièvement qui intervient. Placez les références près du passage ou en fin de chapitre, avec des identifiants stables. Gardez une liste des fichiers séparée de la mise en page du livre : vous pourrez corriger le texte sans perdre la trace d’origine.
Si vos sources comprennent des entretiens, la méthode pour classer et sauvegarder les fichiers audio aide à relier chaque passage à son enregistrement. Pour des témoignages dans plusieurs langues, conservez l’original et une traduction relue selon les repères du guide des souvenirs de familles bilingues.
Les objets de famille, les lettres et cartes postales et les recettes peuvent compléter les actes. Pour un projet collectif, la méthode du recueil à plusieurs aide à conserver les différentes voix. Une version destinée aux enfants peut privilégier quelques scènes, avec les repères expliqués dans notre guide pour raconter l’histoire familiale aux enfants.
Mamimories peut accompagner le recueil de souvenirs avec Claire, une biographe IA ; les recherches généalogiques et la vérification des archives restent votre travail ou celui d’un spécialiste. Lorsque les récits sont relus, vous pouvez découvrir le livre Mamimories. Un premier chapitre bien référencé est déjà un résultat partageable.
Mis à jour le 5 septembre 2026 par l’équipe Mamimories.
Avec Mamimories
Une première séance, sans carte bancaire
Claire pose les questions, écoute et met le récit en pages.