Le journal
Écrire ses mémoires pour sa famille : par où commencer ?
Commencez vos mémoires avec un souvenir précis, dix scènes à explorer et une première semaine souple pour écrire un récit qui vous ressemble.
Dans cet article
Pour commencer vos mémoires, choisissez une personne à qui vous aimeriez les faire lire et un souvenir que vous avez envie de raconter. Écrivez quelques lignes ou racontez-le à voix haute. Le plan du livre peut attendre : une première scène vous donnera déjà quelque chose à relire, à préciser et à partager si vous le souhaitez.
Décidez pour qui vous racontez
« Écrire ma vie » peut sembler immense. « Raconter à mes enfants comment se passaient les dimanches chez nous » donne une direction plus facile à suivre. Vos premiers lecteurs n’ont pas besoin de tout savoir pour découvrir une part de votre histoire.
Notez trois phrases en haut d’une feuille :
- J’aimerais raconter à… Une personne ou quelques proches suffisent.
- J’aimerais qu’ils découvrent… Un quotidien, un métier, des lieux, des rencontres ou des traditions.
- Pour le moment, je garde pour moi… Certains sujets peuvent rester privés, sans explication à fournir.
Ce cadre peut changer. Vous pouvez préparer une version personnelle puis choisir quelques passages pour la famille. Si un proche vous aide à enregistrer ou à écrire, dites-lui dès le départ qui pourra lire le résultat. Le choix de participer, de passer une question et de relire avant diffusion fait partie des repères proposés aux narrateurs par l’Oral History Association.
Commencez par une scène, même si elle arrive au milieu de votre vie
Vous n’êtes pas obligé de commencer par votre naissance. Une scène que vous avez envie de raconter aujourd’hui peut devenir le premier texte, même si elle prendra place au milieu du livre.
Choisissez un moment assez précis pour pouvoir y entrer : le premier matin dans un atelier, un départ en vacances ou la préparation d’un repas. Demandez-vous où vous étiez, qui était là et ce qui s’est passé. Une date approximative convient si vous l’indiquez comme telle.
Si vous partez d’un logement, le parcours pour raconter sa maison d’enfance vous aide à passer d’une pièce à un geste, puis à une scène.
Exemple pédagogique entièrement fictif :
Le samedi matin, je tenais la liste pendant que mon père choisissait les légumes au marché. Il ajoutait toujours quelque chose qui n’était pas prévu. Je me souviens surtout de son panier : une poignée avait été remplacée par une corde. Au retour, c’était moi qui annonçais à ma mère ce qu’il avait encore rapporté.
Ce début ne résume pas une enfance. Il fait entrer le lecteur dans une habitude familiale. Pour le prolonger, on pourrait préciser le marché, raconter un achat inattendu ou décrire le trajet du retour. Si le nom du village ne revient pas, laissez une note « lieu à confirmer » plutôt que de choisir au hasard.
Faites votre réserve de dix scènes
Sur une deuxième feuille, rassemblez dix pistes. Écrivez seulement quelques mots pour chacune. Vous n’avez pas à répondre à toutes les propositions : remplacez celles qui ne vous parlent pas.
- Un matin dans votre maison d’enfance. Qui se levait en premier ? Quel geste annonçait le début de la journée ?
- Un trajet que vous connaissiez par cœur. Vers l’école, un atelier, un commerce ou une maison amie : que rencontriez-vous en chemin ?
- Un repas préparé ensemble. Qui faisait quoi ? Y avait-il un ustensile ou une manière de faire reconnaissable ?
- Une première journée. Travail, formation, logement : quel petit événement permet de la raconter ?
- Un départ en vacances. Comment remplissait-on les bagages et qui organisait le voyage ?
- Une rencontre amicale. Où avez-vous commencé à vous parler et de quoi vous souvenez-vous ?
- Un savoir-faire appris. Qui vous a montré le geste et quel a été votre premier essai ?
- Un objet longtemps conservé. Comment est-il arrivé chez vous et pourquoi l’avez-vous gardé ?
- Un moment où vous avez changé d’avis. Que pensiez-vous avant, et qu’est-ce qui vous a fait regarder autrement ?
- Une tradition que vous aimez transmettre. Comment la pratiquez-vous aujourd’hui et que souhaiteriez-vous en garder ?
À côté de chaque piste, ajoutez une lettre : E si vous voulez l’écrire, R si vous préférez la raconter, P si une photo pourrait vous aider. Entourez ensuite celle qui vous donne le plus envie de commencer. Cette réserve sert à retrouver un point de départ ; elle ne vous engage pas à produire dix chapitres.
Choisissez un moyen qui vous convient aujourd’hui
Un cahier, un document sur ordinateur ou un enregistrement peuvent tous servir de premier support. Vous pouvez aussi les combiner.
À l’écrit, accordez-vous un premier passage sans corriger chaque phrase. Si un mot manque, laissez un blanc. Vous reviendrez ensuite sur l’orthographe et les transitions. Un paragraphe terminé peut être une séance suffisante.
À l’oral, racontez une scène comme vous le feriez à quelqu’un qui ne la connaît pas. Réécoutez un petit extrait avant de prévoir une longue séance. Notre guide pour enregistrer des souvenirs avec un téléphone explique comment préparer le son et garder le fichier.
Avec un proche, convenez de son rôle : poser des questions, prendre des notes ou vous aider à relire. Il n’a pas à remplacer vos expressions par les siennes. Vous pouvez lui transmettre notre méthode pour préparer un entretien de vie.
Si vous envisagez un accompagnement payant, regardez les tâches prises en charge plutôt que le seul prix affiché. Le guide des prestations de biographie familiale aide à comparer ce qui reste à faire soi-même.
Une première semaine pour obtenir un récit à retrouver
Voici un programme proposé, à déplacer ou à répartir sur plusieurs semaines. Le résultat attendu est une scène racontée, puis relue ou réécoutée selon votre support, pas un livre terminé.
| Moment | Petite action | Ce que vous gardez |
|---|---|---|
| Jour 1 | Remplir les trois phrases sur vos lecteurs et vos envies | Un cadre personnel |
| Jour 2 | Noter dix scènes possibles | Une réserve de sujets |
| Jour 3 | Choisir une scène et retrouver éventuellement une photo | Un point de départ |
| Jour 4 | Écrire ou raconter pendant un moment qui vous convient | Un premier texte ou fichier |
| Jour 5 | Laisser reposer ; noter un détail s’il revient | Quelques ajouts possibles |
| Jour 6 | Relire ou réécouter ; préciser deux passages | Une version plus claire |
| Jour 7 | Garder cette version et choisir une suite facultative | Un premier récit identifiable |
Si vous avez déjà beaucoup raconté le quatrième jour, inutile d’attendre le suivant. Si vous préférez rester sur un souvenir, gardez-le aussi longtemps que vous en avez envie.
Relisez pour être compris, sans effacer votre manière de raconter
Trois lectures courtes peuvent vous aider. La première porte sur les repères : le lecteur sait-il qui est « elle », où se trouve « là-bas » et à quelle période la scène se déroule ? Ajoutez ce qui manque, sans transformer le récit en dossier administratif.
La deuxième porte sur votre façon de parler. Une expression familière peut rester si elle vous ressemble. Vous pouvez retirer une répétition sans rendre toutes les phrases solennelles.
La troisième porte sur les faits et le partage. Marquez les dates incertaines. Si quelqu’un se rappelle autrement, conservez la différence plutôt que d’inventer une version qui ferait l’unanimité. Choisissez enfin ce que vous souhaitez faire lire et à qui.
Gardez votre brouillon et donnez un nom clair à la version relue, par exemple « Le marché du samedi — version du 4 septembre ». Vous saurez ainsi laquelle reprendre.
Laissez le plan se construire avec les pages
Après quelques scènes, regardez ce qui se dessine. Vous pouvez les classer par périodes, par lieux ou par thèmes. Un petit ensemble consacré à une maison ou à un métier peut déjà former un récit à transmettre. Les épisodes encore absents n’ont pas besoin d’être remplis artificiellement.
Si vous souhaitez découvrir d’autres formes de récits personnels, l’Association pour l’autobiographie et le patrimoine autobiographique propose des activités et des ressources autour des écritures de soi. Les sources de cet article ont été consultées le 4 septembre 2026 ; les exercices et l’exemple ci-dessus sont des propositions éditoriales de Mamimories.
Découvrir une autre manière de commencer
Mamimories propose de raconter ses souvenirs en échangeant avec Claire. Pour savoir si ce format vous convient, vous pouvez découvrir le déroulement d’une séance. Gardez votre liste de scènes : elle peut vous accompagner quel que soit le moyen choisi pour raconter.
Pour poursuivre votre projet
Construire la suite de vos mémoires
Pour organiser vos scènes, comparez un plan chronologique, thématique ou mixte. Vous pouvez ensuite transformer le récit oral en texte, puis relire avec votre famille sans effacer votre voix. Si un ancien manuscrit vous attend, notre méthode pour reprendre des mémoires laissés de côté aide à choisir la prochaine petite étape. Un exemple de récit et de livre montre le travail avant et après relecture.
Mis à jour le 5 septembre 2026 par l’équipe Mamimories.
Avec Mamimories
Une première séance, sans carte bancaire
Claire pose les questions, écoute et met le récit en pages.