Le journal
Quand un parent n’a jamais raconté son enfance
Proposez à un parent de raconter sans pression : trois invitations concrètes, des réponses à un refus et une manière de garder une trace avec son accord.
Dans cet article
Si votre père ou votre mère raconte peu son enfance, commencez par demander si cette conversation lui ferait plaisir. Proposez un sujet concret, comme une photographie ou un trajet quotidien, puis acceptez sa réponse. Le silence ne permet pas de savoir ce que la personne ressent ni de conclure qu’une bonne question suffira à la faire parler.
Vous pouvez être curieux de cette partie de sa vie tout en respectant ce qu’elle souhaite garder pour elle. Une conversation courte, une autre activité ou un refus sont des réponses possibles à votre invitation.
Ne pas décider à sa place ce que signifie le silence
Une question comme « Ton enfance, c’était comment ? » couvre une longue période. La personne peut ne pas savoir par où commencer, ne pas en avoir envie à ce moment-là ou préférer parler d’autre chose. Nous ne pouvons pas départager ces raisons sans l’écouter.
Évitez de lui attribuer une pudeur liée à son âge, une peur d’ennuyer ou une difficulté cachée. Même une explication bien intentionnée peut devenir une manière d’écarter ce qu’elle dit réellement. « Je n’ai pas envie d’en parler » n’appelle pas une stratégie pour obtenir le récit autrement.
Si votre souhait est de préparer un livre, expliquez-le dès que le projet se précise. Une conversation spontanée et un entretien destiné à être conservé n’ont pas les mêmes attentes. Le principe d’un accord éclairé sur l’usage du récit est également au cœur des recommandations de l’Oral History Association.
Trois invitations sans pression
Voici trois formulations originales à adapter. Elles ouvrent une possibilité et donnent le choix du sujet.
À partir d’une photo : « J’ai retrouvé cette image. Est-ce que tu aurais envie de la regarder avec moi ? Je me demande où elle a été prise, mais on peut aussi simplement la garder dans l’album. »
Cette invitation ne suppose pas qu’il faudra identifier tous les visages. Préparez une copie lisible et une seule image. Une photographie inconnue peut rester inconnue.
À partir d’un lieu : « Tu as parlé de cette rue l’autre jour. Si ça te plaît, tu pourrais me montrer le chemin que tu prenais. Est-ce que tu préfères une carte ou en parler sans support ? »
Le lieu donne un point de départ, sans exiger un récit complet de l’enfance. Vous pouvez demander ce qui se trouvait à un carrefour, puis suivre le sujet que votre parent choisit.
À partir d’un geste : « Quand tu fais cela, je me demande où tu l’as appris. Tu veux me le montrer ou me raconter ? »
L’activité doit déjà lui convenir. Il ne s’agit pas de créer un détour pour aborder un sujet refusé, mais de s’intéresser à une pratique qu’il accepte de partager.
Si l’une de ces invitations débouche sur l’envie de raconter une maison, le guide pour décrire sa maison d’enfance propose des pistes liées aux lieux et aux gestes quotidiens.
Trois manières d’accueillir un refus
La suite de votre réponse montre que le choix était réel. Vous pouvez dire :
- « D’accord, on laisse ce sujet. » Puis parler d’autre chose, sans demander de justification.
- « On peut regarder les photos sans commenter, si tu préfères. » Cette option ne doit être proposée que si le support lui plaît encore.
- « Merci de me l’avoir dit. Si un jour tu veux m’en parler, tu choisiras le moment. » N’ajoutez pas aussitôt une date pour réessayer.
Un refus de parler n’a pas à être transmis au reste de la famille comme un problème à résoudre. Une autre personne ou un assistant ne doit pas servir à contourner cette décision. Certains proches apprécient un entretien avec un tiers ; cela reste un choix à leur proposer ouvertement, s’ils le souhaitent.
Si un récit commence, suivre ce qui est donné
Votre parent peut raconter une scène courte et s’arrêter. Remerciez-le sans évaluer la longueur ni la richesse du souvenir. S’il semble vouloir continuer, reprenez un détail de sa réponse : « Tu dis que vous passiez par une cour : elle servait à quoi ? » Posez une question à la fois.
Évitez de proposer trop vite un nom, une date ou une émotion. Vous pourrez vérifier une information plus tard, avec son accord. Pendant l’échange, une formule comme « Je note que tu hésites entre ces deux années » conserve l’incertitude sans transformer le souvenir en examen.
Pour un prochain rendez-vous convenu ensemble, la méthode pour préparer un entretien de vie aide à choisir un sujet, un support et une durée souple. Les questions pour un repas de famille sont un autre réservoir d’idées, à choisir sans dérouler toute une liste.
Garder une trace seulement si elle est souhaitée
Demandez avant d’enregistrer, en précisant ce que vous voudriez conserver et pour quels lecteurs ou auditeurs. Si vous prenez des notes, indiquez-le aussi. Un accord pour vous raconter quelque chose ne signifie pas un accord pour l’envoyer à la fratrie ou le publier.
Une courte légende relue ensemble peut être une première trace suffisante. Si votre parent souhaite ensuite un projet plus suivi, le guide pour accompagner la biographie de ses parents présente les étapes. Vous pouvez aussi découvrir une séance avec Claire, la biographe IA de Mamimories, et lui expliquer le fonctionnement avant de commencer. L’outil n’a d’intérêt que si cette manière de raconter lui convient.
Mis à jour le 5 septembre 2026 par l’équipe Mamimories.
Avec Mamimories
Une première séance, sans carte bancaire
Claire pose les questions, écoute et met le récit en pages.